Epyc 7 nm : AMD tente une nouvelle percée dans les serveurs

Publié le : 29/11/2018 15:37:30
Catégories : Actualités APY Europe


Epyc 7 nm : AMD tente une nouvelle percée dans les serveurs, Une deuxième génération pour chatouiller Intel

Article complet  de lesnumeriques.com du 27/11/2018

La conférence Next Horizon d’AMD a été l’occasion pour la marque de présenter ses ambitions sur le marché du serveur, notamment avec la nouvelle génération de sa gamme Epyc gravée en 7 nm et qui remplacera progressivement la génération 14 nm. Ces ambitions sont-elles réalistes face à l'offre existante d'Intel ? Retour sur le marché du serveur où bon nombre d'acteurs n'ont pas réussi à se faire une place.

Dans le monde de l'informatique, bien peu de marchés attisent autant les convoitises que celui des serveurs, et plus particulièrement des processeurs. Si historiquement de nombreux acteurs étaient présents (Sun, IBM…), leur présence s'est au mieux réduite au fil des années, s'ils n'ont pas tout simplement disparu. D'autres, comme AMD, ont déjà tenté l'aventure avec un succès tout relatif et éphémère. C'était le cas de la gamme Opteron, dans les années 2000, qui avait tout juste réussi à dépasser les 20 % de parts de marché.
 


L'annonce de la nouvelle génération de processeurs Epyc gravés en 7 nm (quand la génération précédente était en 14 nm) intervient donc ce contexte : une nouvelle offensive d'AMD avec pour la première fois des arguments technologiques forts sur son concurrent historique (des processeurs 7 nm qui permettent une densité plus élevée de transistors et une consommation réduite à performances identiques). Des arguments importants, certes, mais qui arrivent dans un contexte sensiblement différent.

En théorie, le 7 nm apportera donc des avantages importants, que ce soit sur la consommation, la densité (AMD proposant des puces allant jusque 64 cœurs) ou les performances. Et ce à un moment où les produits de son concurrent resteront bloqués en 14 nm. Mais même si AMD exécute parfaitement sa stratégie et que toutes les promesses sont tenues, cela ne suffira pas à inverser du jour au lendemain les parts de marchés sur le serveur (on estime la part des Epyc de précédente génération sous les 5 % en 2018). L'avantage compétitif ne fait pas tout.
 
Car contrairement au monde du PC où le client final choisit son processeur, le serveur est tenu par une poignée d'OEM (Dell, HPE, Supermicro…) qui décide des gammes de produits qu'ils vendent. À l'image du monde des PC portables, AMD est dépendant de leur bon vouloir à proposer des produits intéressants. Et à l'époque des Opteron, AMD servait le plus souvent de "second devis" pour négocier des tarifs préférentiels chez Intel.
 
AMD a probablement appris de ses erreurs, de nombreux dirigeants sont passés depuis, mais si l'on continue le parallèle avec le marché des PC portables, on peut voir qu'ils n'ont toujours pas trouvé la solution pour résoudre la question relationnelle avec les OEM.
 
L'autre point important à rappeler est que, contrairement à l'achat d'un PC, les serveurs sont généralement liés à des contrats pluriannuels de déploiement. De quoi rajouter une inertie qui joue en la faveur d'Intel, déjà confortablement installé et qui jouit d'une agilité rare dans l'art des relations commerciales.


L'impact du Cloud change les équilibres

Une potentielle chance pour AMD vient du fait qu'une poignée de très gros clients ont bousculé les équilibres. 40 % du marché du CPU serveur serait actuellement concentré sur 7 clients, diminuant l'importance des OEM. Sans surprise il s'agit des acteurs massifs du Cloud, comme le mastodonte AWS (Amazon), mais aussi Azure (Microsoft) et GCE (Google), sans oublier les gros acteurs chinois comme Tencent.
 
L'une des annonces stratégiques les plus importantes de la conférence Next Horizon était que, pour la première fois, Amazon AWS proposera des offres basées sur les Epyc sur son Cloud EC2 (son offre principale). Des instances vendues 10 % moins chères que leurs équivalents Intel.
 
Ce changement dans les équilibres peut être une opportunité, à condition qu'elle ne se traduise pas par une chute massive de la profitabilité, ces grands acteurs ayant un très gros pouvoir de négociation !

processeur EPYC 7nm

Partager ce contenu

Ajouter un commentaire

 (avec http://)